24 janvier 2010

Désir et Sentiment Amoureux


Ce désir intime que ressentent deux êtres l’un pour l’autre est l’Amour. Il est bon de retrouver ces sentiments amoureux, de sentir son cœur battre plus fort à l’approche d’un rendez-vous, de sentir une douce excitation à la pensée de communiquer avec l’être aimé. L’état amoureux n’est pas seulement les joies sensuelles qui unissent les amants, mais tout un ensemble d’émotions partagées et le sentiment d’être «fait» l’un pour l’autre, que leur relation amoureuse les rend indissociables.

Encore faut-il oser se relancer dans l’aventure, ou au moins oser reprendre le chemin vers la rencontre de l’autre... car à chaque fois que notre cœur se referme, l’homme meurt de ne plus être aimé et de ne plus être capable d’aimer.

Diptyque, acrylique sur toiles de 81 x 130 cm) que j’ai appelé «Désir et sentiments amoureux» est un message pour que notre cœur s’ouvre pleinement et résolument à l’amour, et retrouve par là toute la saveur de la vie.

La pudeur


Quelle soit physique, morale ou affective, elle apparaît comme un voile destiné à préserver du regard des autres la fragilité de l’être. Mais quand la pudeur se dévoile volontiers en certaines circonstances, par confiance ou par amour, elle devient un sentiment naturel qui protège un espace intime de soi à soi ou aux autres. A la personne aimée, nous lui accordons notre confiance et, pour être nous-même, nous avons besoin d’intimité.

Au clair de lune


Quand la nuit tombe les vibrations changent et un autre monde s’ouvre à nous, l’astre qui berce nos soupirs apparaît de sa douce clarté. Un monde invisible se fait plus présent, curieusement, l’inspiration m’assaillie à ce moment. Mais, il ne suffit pas de repeindre les ombres cachées pour s’extraire de ses vérités. Dans son clair obscur j’existe sans exister en peignant ce qui ne sait être raconté …

La main sur le coeur


Tes yeux m’interrogent, tristes, cherchant à pénétrer ma pensée; de même la lune voudrait connaître l’intérieur de l’océan.
J’ai mis à nu devant toi ma vie tout entière, sans en rien omettre ou dissimuler. C’est pourquoi tu ne me connais pas.
Si ma vie était une simple pierre colorée, je pourrais la briser en cent morceaux et t’en faire un collier que tu porterais autour du cou.
Si elle était simple fleur, ronde, et petite, et parfumée, je pourrais l’arracher de sa tige et la mettre sur tes cheveux.
Mais ce n’est qu’un coeur, bien-aimée. Où sont ses rives, où sont ses racines?
Tu ignores les limites de ce royaume sur lequel tu règnes.
Si ma vie n’était qu’un instant de plaisir, elle fleurirait en un tranquille sourire que tu pourrais déchiffrer en un moment.
Si elle n’était que douleur, elle fondrait en larmes limpides, révélant silencieusement la profondeur de son secret.
Ma vie n’est qu’amour, bien-aimée.
Mon plaisir et ma peine sont sans fin, ma pauvreté et ma richesse éternelles.
Mon coeur est près de toi comme ta vie même, mais jamais tu ne pourras le connaître tout entier.

Rabindranath Tagore (Calcutta 1861 - 1941) La corbeille de fruits

23 janvier 2010

Le sel de la vie



Hier, une amie me disait à l’autre bout du fil qu’elle m’avait trouvé fatiguée la dernière fois que nous nous étions vues. Je sais avancer sans me perdre, trouver la force pour continuer, mais je ne sais pas admettre simplement que je suis fatiguée, reconnaître que mes réserves sont épuisées. J’ai senti un trop plein d’émotion m’envahir, des larmes qui n’attendaient qu’un réceptacle pour les accueillir avec la bienveillance qu’elles sollicitaient. Parce qu’au milieu de mes obligations, je rêve de trouver du temps que je m’étais promise pour faire ce qui me plaît, pour mener à terme tous ces projets artistiques qui ne demandent qu’à s’exprimer. Mais pour l’instant, les contraintes de la vie ont posé un fourreau sur mes rêves. Alors ces larmes m’ont fait du bien, parce qu’elles sont venues au bon moment, parce qu’elles m’ont aidé à me poser, à m’imposer la sérénité sur cette mer agitée.

17 janvier 2010

Les frontières de la morale (4)

1979
On n'échappe pas à son destin.

La voiture de Judith quitta l’enceinte de la gare et gagna la route côtière située dans une anse au pied de la Serra da Arrábida. Sesimbra était devenue une station balnéaire importante et de nombreuses constructions modernes entouraient maintenant le centre ville qui conservait ses rues escarpées. Tandis que défilait tout ce que la ville avait à offrir, Jean énumérait les lieux familiers. Les restaurant de fruits de mer, les cafés avec leurs esplanades donnant sur la plage, l’église du 17 éme siècle en marbre rose. Un dernier coup d’accélérateur et Judith arrêta la voiture devant l’allée de la villa.
- Mesdames et Monsieur, la villa do sol !
Marie descendit de voiture, suivit de son mari sous le charme de la propriété.
- C’est toujours aussi magnifique, murmura-t-il à Marie.
- Et puis plus propre ! Lança Judith, occupé à ouvrir le coffre de la voiture. Toute la maison a été refaite de fond en comble, intérieur et extérieur.
Le regard de Marie se posa sur celui de sa sœur qui s’avançait vers le perron, un trousseau de clés à la main et ouvrit la porte.
- Comment est-ce que tu as réussi à faire tout ça ? Lui demanda Marie, stupéfaite.
Une valise dans chaque main Jean les précéda à l’intérieur.
- Elle a fait comme pour le reste, ne me dis pas que tu as oublié ! Répondit Judith, à la place de Sophie.
Sophie jeta un rapide coup d’œil à Judith et son visage s’empourpra. Puis, elle détourna le regard rapidement, avant d’ajouter.
- Oh, ce n’est pas grand-chose. J’ai fait les peintures et fait quelques travaux. Judith nous a aidé aussi !
- Qu’est-ce que je t’avais dit ? Adressait Judith à Sophie avec un sourire complice.
- Marie ? Vient !
A l’intérieur, Marie allait de surprise en surprise. Au comble de l’excitation, elle sentit un flot d’émotion la submerger. Elle traversa le couloir et entra dans une autre pièce.
- Le bureau de papa ! Exactement dans l’état où il était !
- C’est maintenant ton bureau Marie. Elle n’avait pas entendu Sophie pénétrer dans la pièce.
- Je croyais que tu avais tout vendu !
- Non ! Je n’ai pas eu le courage de me séparer des objets de papa.
- Sophie !
C’était la voix de Jean, qui venait du premier étage. Une valise à la main, Sophie se mit à grimper l’escalier pour le rejoindre.
- Je ne sais pas dans quelle chambre je dois déposer les valises, merci Sophie, tu as fait les choses merveilleusement bien.
En bas, à l’encadrement de la porte, Judith observait Marie qui ouvrit la fenêtre, puis se retourna vers le bureau et prit une photographie.
- Alors ? Pourquoi es-tu revenue ? Est-ce que Jean avait le mal du pays ?
- Jean ?
Judith remarqua la surprise de Marie.
- Si Jean avait le mal du pays, en tout cas il ne m’en a jamais fait part. Nous somme revenus parce que Madame Rodrigues avait passé l’âge de la retraite et que son poste d’enseignante s’est libéré.
- De toute façon, laisse-moi te dire que ça fait rudement plaisir de vous voir tous les deux de retour. Bon ! Je ferais mieux d’aller voir si ta sœur à besoin de mon aide.

Marie songea à cette conversation téléphonique qui avait fait basculer sa décision.
- Sophie, je ne sais pas si je peux.
- Si tu peux ? Mais pourquoi ?
- Si ça pouvait être n’importe quel autre endroit … enfin tu sais !
Sophie savait trouver les mots qui allaient toujours droit au cœur de sa soeur.
- Je sais que tu n’as jamais cessé de te tourmenter pour ce qui s’est passé ici, Marie, mais ne regarde pas en arrière, parce qu’on ne peut jamais revenir en arrière dans la vie.
- Tu crois ?
- Mais oui ! répondit Sophie.
- Peut-être qu’en revenant à la maison, je me débarrasserait une fois pour toutes des fantômes du passé !

Maintenant, elle était là, seule dans cette pièce qui ressemblait encore tellement à son père. Avec lenteur, elle caressa la photographie qu’elle tenait dans la main. Si seulement son père avait été moins entêté, s’il n’avait pas été toujours persuadé d’avoir raison ! Et si elle-même n’avait pas eu si souvent la même attitude ! Et surtout, et c’était là son plus grand regret, elle n’avait pas eu le temps de faire amende honorable.

16 janvier 2010

Loin de moi et de mes mots

Ce matin, mon thé entre les mains, je me suis assise un instant profitant de ce moment insignifiant qui aurait pu me faire oublier la terrible semaine qui vient de se terminer. Ces pensées qui se nichent au plus profond de nous même, se font un chemin dans une suite de si, qui nous plongent dans le doute. Cette certitude que le fil peut se rompre à tout moment à cause d’une succession d’épreuves non expliquées. Par ces fragilités qui me suivent depuis longtemps, celles que j’ai fini par apprivoiser et dans lequel je puisse mes forces pour avancer. Les fragilités de ma condition humaine, celles contre lesquelles je ne peux rien. Ces derniers jours ont été incertains et mes nuits agitées, je n’ai pas eu d’autres choix que de me laisser envahir par elles. Mais je sens déjà mes envies d’avancer renaître, il me suffira d’un souffle pour qu’elles reprennent le dessus. Un petit souffle, celui qu’offre la vie, ce cadeau qui ne devient précieux que si on sait comment l’ouvrir, et l’entretenir.

13 janvier 2010

Une pause ....

Une nouvelle année reprend, mais j'aimerais remonter le temps, retrouver les clés et fermer la porte et les fenêtres de ma tour d'ivoire. Une tour pleine de coffres, de coffres remplis de larmes, qu'on ne voit pas couler et ranger dans les tiroirs ces instants de bonheur pour réapprendre à vivre dans ce néant que le destin nous impose.

01 janvier 2010

Premier jour du calendrier



Depuis quelques heures le sablier du temps s’est retourné pour repartir à zéro. Un changement auquel on ne peut pas échapper, pourtant, demain le tourbillon du quotidien aura repris son cours et la vie sera la même qu’hier. Je n’ai pas envie de penser à l’année qui s’annonce, peut-être parce l’année qui vient de passer n’est pas encore assez dernière moi.

22 décembre 2009

Le temps des festivités



Depuis dimanche, notre sapin est là, majestueusement beau, décoré de mille petits souvenirs de tous les Noël passés. Des petites décorations qui ne sortent que quelques jours dans l’année mais qui ont chacune une histoire à raconter. Dans deux jours c’est Noël, il faudra s’agiter à la recherche des derniers cadeaux et tout ce que nous devons préparer pour le repas du réveillon. Mais ce soir, je n’arrive pas à rêver, à me laisser envahir par cette excitation des fêtes. J’aimerai pourtant retrouver le goût de ces petits bonheurs qui rendent la vie si douce et si légère. Pour l’instant, je suis entre deux rives. Il y a une année émotionnellement difficile qui s’achève. Il y a une nouvelle année qui s’annonce avec tout ce qu’elle promet d’apporter comme changement dans nos vies. Il y aura de nouvelles montagnes à conquérir, et de nouveaux rêves à accomplir. Hier soir j’ai repensé, émue, à la fin de mon odyssée. La fusion des opposés, comme la nuit s’oppose au jour, chacun contenant dans son être la potentialité de son contraire, faisant face sans pourtant se voir clairement l’un l’autre. Une histoire forcément partielle et infidèle mais qui tenait ses promesses de sincérité. J’ai au moins la certitude idiote que personne ne peut contrôler intellectuellement ou de force les élans du cœur. Ils viennent naturellement, à mesure que nous entrons en résonance avec nos propres sentiments. Des sentiments qui sont là, au tréfonds de notre cœur, mûrs et prêts à être découvert. Pourtant, nous ne trouvons pas les mots juste pour les exprimer à autrui. Cette sensation d’être dans un grand vide est déroutante et même effrayante. Rien auquel se raccrocher, pas même une indication sur les possibilités à venir. La seule chose que nous puissions faire est de lâcher prise dans cette vacuité et attendre. On a souvent dit que la seule chose qui ne change pas dans ce monde est le changement, la vie change continuellement, évolue, meurt et renaît sans cesse. L’important est d’être ouvert, d’aller avec le courant confiant en la vie qui nous m’emmène exactement là où elle veut que nous allions.

20 décembre 2009

Encore et toujours de la neige !!


Au réveil ce matin, j’ai vu la neige tomber encore plus épaisse. Le souvenir de jeudi dernier est très présent, comme si j’y étais encore. Je revois ces moments où nous nous sommes retrouvées coincées dans nos voitures, au milieu de l’A6, complètement verglacé. Quand je suis partie, il était huit heures vingt et il neigeait à gros flocons. Il me restait quinze kilomètres à faire pour arriver au bureau. Je roulais très lentement sur les petites rues enneigées jusqu’au boulevard, je savais que l’accès à l’Autoroute serait difficile. La file de voitures dont je faisais partie avançait à vitesse très lente, presque à l’arrêt. Les doigts crispés sur le volant qu’il me fallait maîtriser et les deux heures bloquées au milieu de l’Autoroute m’avaient épuisé. J’ai donc pris la décision de faire demi-tour et de ne pas aller travailler. J’allais sortir de l’autoroute quand j’ai senti ma voiture glisser, j’ai eu juste le temps d’apercevoir dans le rétro une autre voiture glisser elle aussi et arriver droit sur moi. J’ai fermé les yeux et j’ai entendu le bruit du choc. Le monsieur qui la conduisait avait eu aussi peur que moi, car il était hyper nerveux et agressif. Nous nous sommes échangés nos coordonnées pour le constat, et une heure et demi plus tard, j’étais chez moi. Cédant à cet état de lassitude quand le corps ne peut plus lutter, j’ai laissé sortir mes larmes, en me disant que finalement, il ne m’était rien arrivé de grave que je devais m’estimer heureuse de ne m’être pas blessée.

17 décembre 2009

J'avais rêvé d'une autre vie

Susan Boyle, cette femme "simple" et modeste a chanté à l'emission Britain's Got Talent "I dreamt a dream", (J'avais rêvé d'une autre vie) une mélodie tirée d'une Comédie Musicale Française à l'origine: "Les Misérables" datant de 1980.

Les paroles sont d'Alain Boublil et de Jean-Marc Natel et la musique de Claude-Michel Schönberg.



J'avais rêvé un rêve dans un temps passé
Quand l'espoir était élevé,
Et la vie digne d'être vécue
J'ai rêvé que l'amour ne mourrait jamais
J'ai rêvé que Dieu pardonnerait.

Ensuite, j'étais jeune et sans crainte
Quand les rêves avaient été réalisés et vécus,
Et gaspillés
Il n'y avait pas de rançon à payer
Pas de chanson qui ne soit pas chantée,
Pas de vin non goûté.

Mais les tigres viennent à la nuit
Avec leurs voix douces comme la foudre
Alors qu'ils déchirent vos espoirs en lambeaux
Et qu'ils altèrent vos rêves en honte.

Et encore, je rêve, qu'il va venir vers moi
Et que nous allons vivre notre vie ensemble
Mais il y a des rêves qui ne peuvent pas être
Et il y a des tempêtes
Auxquelles nous ne pouvons résister ...

J'avais fait un rêve que ma vie serait
Si différente différente de cet enfer que je vis
Si différente à présent de ce qu'il en est
Maintenant, la vie a tué
Le rêve que j'avais rêvé.





06 décembre 2009

L'Art et la Science




Je participe au collectif d'Artistes Peintres qui exposent leurs oeuvres pour financer la recherche en cancérologie et sensibiliser la population à la maladie. Les fonds collectés sont intégralement versés au centre de recherche contre le cancer de l'institut Curie.

L'exposition se tiendra du 15 au 20 décembre 2009 à la salle de Chilly-Mazarin, Parc de l'Hôtel de ville.

Vernissage Jeudi 17 décembre à 18h00

Faites circuler l'info et venez nombreux !!

14 novembre 2009

Le système de label participatif

Je vous invite à jeter un oeil sur ce nouveau concept de production musicale, ça se développe rapidement et bouleverse les fondements de la production musicale !

Les artistes diffusent leurs compositions sur le net et les producteurs (les internautes) écoutent, si un artiste les inspire, ils peuvent miser de l’argent, cette mise correspond à des parts (1 part correspond à 10 €). Ce concept est innovant et assez déroutant, pour les labels qui risquent de perdrent le contrôle.

Sur cette lancée, je vous présente Wil Riva qui vient de signer chez Your Music Hall …

Wil nous transporte dans son univers artistique qui promet un bel avenir musical ! Je vous invite donc à visiter sa page en cliquant sur l'image ci-dessus, à écouter ses compositions, et sans hésiter à miser sur cette valeur sûre !

Les frontières de la morale (3)




1979
Avoir le choix de faire ses propres choix.


Le train traversait le cœur aride de l’Espagne, à travers cette plaine brûlée par le soleil, le voyage promettait d’être long. A l’approche de la nuit, les derniers rayons du soleil envahissaient les wagons, tandis que Marie dans son compartiment, se sentait mal à l’aise. Une soudaine anxiété s’était emparée d’elle. « Ne reviens jamais ! ». Ces mots prononcés par son père lui faisaient écho dans sa tête. Sur la banquette en face, son mari sembla deviner les pensées qui l’agitaient.
- Ca va aller, ma chérie ?
Comme d’habitude, il suffisait d’une seule attention de Jean pour lui réchauffer le cœur. D’ailleurs, qui d’autre que lui pouvait mieux la comprendre, elle avait toujours connue cet homme. Petit, il était l’ami inséparable de son cousin Miguel, puis le garçon était devenu un bel homme. De larges épaules, la peau mate, un beau visage à la forte mâchoire et ses belles boucles brunes faisaient à ses yeux figure d’un véritable Dieux. Il avait eu à ses pieds la moitié des femmes de Sesimbra, et Judith aussi par la même occasion, ce qui l’avait agacé.
L’éclat vif qu’elle aperçut dans les yeux de Jean lui apprit qu’il avait lu dans son esprit. Lentement, il l’attira à lui, et soudain elle se sentit envahir par le désir au contact de ses mains.

Le lendemain matin, sur le quai de la petite gare, Sophie attendait à l’écart.
- Ca va Sophie ?
Sophie se tourna vers la femme qui se tenait derrière elle.
- Oui, Louise, ne t’inquiète pas.

Marie, institutrice à Sesimbra. Elle allait occuper le poste que leur père avait décidé pour elle des années auparavant. Comme cela lui paraissait étrange à imaginer.

- Marie avait tellement envie de s’en aller d’ici, que je me demande comment va se passer sa réinstallation.
- Elle a mûrie, Sophie. Et il y a Jean, j’espère qu’ils ne vont pas tarder à nous donner des enfants. J’ai envie d’être grand-mère ! répondit Louise.
Sophie hocha la tête.
- C’est vrai, il y a aussi Jean, dit Sophie.
- Tu t’inquiètes trop, comme toujours ! Répétait Louise.
Sophie promena le regard autour d’elle. Son excitation avait fait place à une déception qu’elle arrivait mal à dissimuler. Mais où est passé Judith ? Le sifflement du train vint retirer Sophie de ses pensées.

- C’est Sesimbra ! S’écria Marie. Nous sommes arrivés !
Jean se leva et baissa la vitre du wagon. Au loin, on apercevait le château, au sommet d’une échine, niché à plus de 200 mètres au-dessus de la mer, une position défensive de grande valeur qui avait permit au premier roi du Portugal, de l’enlever aux Maures dès 1165. Plus loin, s’élevaient les murailles crénelées qui enserraient le cimetière. Et ces belles vues sur le port pittoresquement adossé au pied de la falaise. On entendait les vagues de l’Atlantique se briser sur la côte. D’un geste joyeux, Jean embrassa Marie, qui s’abandonna dans ses bras. A travers la vitre baissée, la fraîcheur de l’air iodé les enveloppa comme une protection divine.
Jean se pencha à la vitre du wagon.
- Oui ! Cria-t-il. Nous sommes de retour ! Nous sommes chez nous !

- Maman, Papa ! Jean tombait dans les bras de ses parents, François et Louise Martin. Marie, cherchait du regard sa sœur Sophie.
- Je suis ici, Marie, derrière toi !
Sophie serra sa sœur dans les bras, et la couvrit de baisers. Elles demeurèrent ainsi pendant un moment, joue contre joue. Marie était revenue ! Ça va bien se passer, se disait-elle, je vais veiller sur elle, comme toujours.
- Jean !
- Bonjour Sophie. Jean serra dans ses bras sa belle-sœur. Qu’est-ce que c’est bon de te revoit ! Tu ne changes jamais, Sophie ! Je n’arrive pas à croire que nous allons à nouveau nous retrouver tous ensemble après tout ce temps.
Un concert de cris de bienvenue venait de faire irruption sur le quai de la gare. Comme une tigresse libérée de sa cage, la nouvelle venue s’écria.
- Bande de voyou ! Vous êtes en avance ! Moi qui voulait présider le comité d’accueil !
Marie se jeta dans les bras de Judith.
- Elle est là ! dit Sophie, submergée par une émotion trop familière. Je savais qu’elle n’aurait manqué ce moment pour rien au monde.
- Quand je pense que j’ai failli vous manquer ! dit Judith.
- Ca alors, tu n’as pas changé ? dit Marie en rigolant. Toujours en retard !